Histoires Alataises

Bravos pour un meurtre

Envoyer Imprimer PDF


Le 26 mai 1838, l'équipage de Félix Pozzo di Borgo, trésorier-payeur général du département et neveu de Charles André Pozzo di Borgo, l'ancien adversaire de Napoléon, est arrété auprès du Col du Pruno (aujourd'hui sur le D61, à 7 km d'Ajaccio) par deux hommes armés, Antoine Casalonga, dit Barigliolo, et Alphonse Giovannai.
Félix Pozzo di Borgo descend de voiture. Barigliolo l'abat et Giovannai lui donne le coup de grâce. Barigliolo avait postulé à plusieurs reprises un emploi, mais Félix Pozzo di Borgo n'avait pas réussi à lui donner satisfaction.

Loin d'être pourchassés, Baragliolo et Giovannai furent à l'honneur. Un arrêt pris par la cour de Bastia le 25 arvril 1839, évoque l'étrange atmosphère de liesse entretenue par un clan après le crime : " A un moment où le pays tout entier était sous l'impression d'un attentat affreux commis sur la personne du trésorier-payeur général du département, les prévenus, en compagnie d'autres individus de la commune d'Alata, ont été en armes, à la rencontre de Casalonga Antoine, dit Barigliolo, et de Giovannai Alphonse, poursuivis par la justice comme auteurs de cet attentat et les ont conduits en triomphe dans la commune précitée; que là le cortège grossissant toujours, et pendant que des vedettesétaient placées sur tous les points pour protéger lesdits Casalonga et Giovannai, on s'est livré, sous les yeux des parents de la victime, tout autour de la maison qui l'avait vue naître et non loin des lieux du crime teints encore de son sang, à des démonstrations d'une joie sauvage et d'une ovation sans exemple dans les rs du pays."

Casalonga et Giovannai furent abattus le 10 mai 1839 près de Bastelicaccia.

Un père intraitable

Envoyer Imprimer PDF
C'est d'Alata qu'était originaire, selon la tradition, le terrible vieillard qui tua son fils coupable de trahison. Le jeune homme avait tout d'abord refusé d'indiquer la cachette où se terrait un déserteur français. Mais cinq beaux louis d'or firent taire ses scrupules. Le déserteur fut arrêté. Le père ayant appris la source des louis, alla à Ajaccio demander la grâce du déserteur: elle lui fut refusée.
Alors rentrant chez lui, il prit son fusil et ordonna à sa famille de le suivre. Arrivé aux portes de la ville, il s'arrêta à l'endroit où le déserteur avait été découvert, fit mettre son fils à genoux, et tira. Puis il jeta les louis sur le cadavre, en s'écriant: "Tiens, garde le prix de ton crime".
Mérimée, dans "Mateo Falcone", place le drame vers Porto-Vecchio.